Des paradoxes solubles

 

 

« Jusqu’à ce que le contrôle de l’émission de devises et de crédit soit restauré au gouvernement et reconnue comme sa responsabilité la plus flagrante et la plus sacrée, tout discours sur la souveraineté du Parlement et la démocratie est vain et futile. Une fois qu’une nation abandonne le contrôle de ses crédits, il n’importe plus qui fait ses lois. L’usure, une fois aux commandes, coule n’importe quelle nation. »

William Lyon Mackenzie King,
ex-premier ministre du Canada

 

Les idées reçues

Afin de cerner notre sujet le plus rapidement possible, nous nous contenterons d'une énumération succincte mais éloquente d’idées reçues. Elles interdisent que le financement équilibré du secteur public soit mathématiquement possible, et obligent une société à l’impuissance de se gérer légitimement de façon autonome. Ces idées fausses sont conçues comme des forces destinées à se consolider mutuellement, tout comme la multiplication des verrous sur une porte en compliquent l’ouverture.

Ce montage navrant constitue de même un système de mâchoires de freins, qui engendre de telles frictions, que l'âcre fumée qui s'en dégage masque la réalité du problème, rendant par avance inutile toute tentative d’action n'ayant pas la profondeur requise.

Les idées fausses par le menu

Ces idées ont une réelle puissance sur l’imagination, leur nature est littéralement hypnotique. Toute personne qui cherche à sortir de ce carcan de pensée unique prend non seulement le risque de se disqualifier mais encore d’être considérée comme dangereuse. Et pourtant...

  1. L’idée fausse que le financement de l’État doive se faire exclusivement par le moyen de l’endettement, de la fiscalité ou des subsides.

  2. L’idée fausse que l’action combinée du double frein (freins aux dépenses et frein à l'endettement) puisse protéger l’État tout en assurant un budget équilibré.

  3. L’idée fausse que le prélèvement d'une fiscalité de plus en plus exigeante auprès d'une population au pouvoir d’achat décroissant puisse compenser les exigences d’une société en croissance de besoins.

  4. L’idée fausse de pouvoir maintenir un secteur public en carence de financement sans toucher ni aux rétributions ni aux prestations.

  5. L’idée fausse que le secteur public doive être aussi rentable que s’il s’agissait d’une entreprise privée.

  6. L’idée fausse que l’introduction de la concurrence au sein du secteur public par la privatisation progressive des services puisse à la fois dégager l’État d’une part de ses dépenses et rendre ces services aussi efficaces que s’ils étaient assumés par l’État.

  7. L’idée fausse que la richesse est créée par la monnaie.

Un casse-tête insoluble

La santé d'une politique budgétaire dépend de l'équilibre entre les ressources et les dépenses. De nos jours, d'une part les ressources sont insuffisantes, et d'autre part les exigences de dépenses sont croissantes. Il est devenu impossible de concevoir un budget sans être obligé de tailler dans les prestations ou les salaires, ou sans prévoir d'augmenter à terme les ressources fiscales. Entre ces deux parades, tout autant inacceptables l’une que l’autre, les forces politiques sont contraintes de jouer un jeu d’alternance et d’opposition, parfaitement stérile et finalement dommageable à la société toute entière, malgré les évidentes bonnes volontés.

Pour les responsables les risques sont dédoublés : ils perdront du temps lors des interminables palabres avec des opposition syndicales légitimes, ou perdront du crédit auprès de la population à cause de l’impopularité des solutions douloureuses. Ils seront ainsi tentés de se réfugier dans des attitudes distantes de personnes surchargées, prenant ainsi le risque de se couper de plus en plus de la population qui les a élues.

La diminution des rétributions déplace tout autant le problème sur les fonctionnaires. Les employés de l’État étant moins bien payés pour le même travail, ou obligés de travailler plus pour le même salaire, leur motivation va baisser et la qualité du service s’en ressentira automatiquement, malgré des appels à la solidarité inefficaces ou des menaces contre-productives, surtout dans le cadre d’une situation amenée à durer.

La diminution des prestations déplace le problème sur l'emploi. Le chômage ou le non emploi doivent être compensés aux prix de dépenses sociales supplémentaires. Les ressources fiscales se resserrent par voie de conséquence, engendrant, dans le cadre de ce cercle vicieux, de nouvelles coupes de prestations.

Techniquement, les ministres vont perdre leur temps à essayer de résoudre cet impossible casse-tête, ils useront leurs énergies sur des faux problèmes et finiront par manquer de temps pour s’attaquer aux vrais problèmes.

Politiquement, la société est entrée dans un cercle vicieux qui dû à une mauvaise conception de la monnaie, qui oblige les forces de gauche et de droite à s'entre-déchirer au détriment de l’efficacité et de la paix sociale.

Reposer le problème

Si un problème n’a pas de solution, ou présente un ensemble de solutions inefficaces, c’est qu’il est mal posé. C’est un peu comme tenter de redémarrer sa voiture après avoir changé les pneus alors que c’est le réservoir qui est vide. Cela ne fonctionnera jamais. Le problème est que le réservoir vide est un sujet tabou, à cause du fait qu’on a postulé qu’on ne devrait plus consommer d’essence parce que par exemple elle est devenue trop chère. Poser correctement le problème dans ces conditions s’avérera délicat. Celui qui dira qu’il faut voler de l’essence sera peut-être écouté, si celui à qui on la vole n’a aucun moyen de faire valoir ses droits. Mais en dehors de l’inesthétique, c’est une solution qui atteindra vite ses limites. Celui qui dira qu’il faut en acheter chez un autre fournisseur n’obtiendra qu’un haussement d’épaules agacé. Reste celui qui s’est aperçu qu’il existe dans la campagne voisine un inventeur génial qui a trouvé un truc pour faire tourner les voitures avec de l’énergie solaire. Comme on est pas habitué à penser « soleil » plutôt que « carburant », quel sera son sort ? Dans la société actuelle on laissera de côté l’inventeur, ne serait-ce que pour pouvoir continuer à se plaindre légitimement du manque d’essence. On créera même une commission pour étudier toutes les façons de restreindre l’accès à l’essence. Mais il n’en demeurera pas moins que c’est l’inventeur qui a la bonne solution.

Inverser la logique

Puisqu’il est logiquement interdit de continuer à s’endetter, qu’on ne peut plus augmenter significativement les impôts, que les prestations coûtent de plus en plus cher, et que la diminution des prestations de l’État signifient une perte de qualité dommageable, notamment dans les domaines des infrastructures, de l’éducation, de la santé, de la sécurité, etc., cela signifie qu’il faut trouver de nouvelles ressources budgétaires, qui ne soient à la charge de personne. Chose apparemment impossible, sauf si on ose inverser la logique. C’est l’impossible que nous voulons, parce que l’impossible n’est pas français.

Nous voulons trouver de nouvelles ressources budgétaires qui respectent les contraintes suivantes : pas de nouvelles dettes, maintien du service public, pas de nouvelle fiscalité, adaptation à la croissance. Des ressources qui ne dépendent pas non plus d’une subsidiarité nationale par trop incertaine.

L’objectif est défini

En résumé, et pour oser articuler les termes qui fâchent ou qui font peur, il faut trouver des nouvelles ressources financières qui ne pèsent pas sur la société, des ressources gratuites !

C'est sur ces principes, dénués d'ambitions lucratives illégitimes, qu'un outil financier original et efficace peut être conçu, sortant des schémas figés sans sortir de la légalité, résorbant dans sa simplicité tous les paradoxes apparents.

Un outil pragmatique respectant à la fois les principes mathématiques et la priorité absolue de l'humain.

Un outil qui n'engendrera aucun préjudice pour aucun des protagonistes concernés par son utilisation (population, tissu économique, état, banque).

Un outil intelligent conçu pour le bien commun.

Mais commençons par prendre conscience de la problématique avant de parler de solutions.