La balance des arguments

 

 

« La jeunesse qui pourra résoudre la question monétaire fera plus pour le monde que toutes les armées de l'histoire »

Henry Ford

 

On est en devoir de se poser la question des avantages et des inconvénients potentiels avant de mettre en œuvre un projet.

Comme nous le démontrons ici, les avantages de ce système sont si évidents, qu'on peut honnêtement se demander comment cela se fait que l'on ait pas encore mis en œuvre un tel système dans toutes les sociétés.

L’objection classique est que si un tel système était viable cela ferait longtemps que tout le monde l’aurait adopté. En disant cela on tente de masquer qu’en fait, ce sont le plus souvent les solutions les plus dommageables qui ont été mises en œuvre, au détriment des populations. Avec la même logique on justifie la guerre contre la paix ou d’autres absurdités similaires.

Il est un fait établi que l’esprit de lucre, pour ne pas dire l’avarice, engendre sur la planète entière des disparités énormes entre les hommes, pourtant déclarés égaux. La pauvreté systémique et la faim sont des fléaux mondiaux, dont l’existence n’est due qu’à la concertation nocive d’une caste privilégiée qui décide de tout, y compris qui peut vivre et qui doit mourir. C’est un fait établi1. Ainsi donc, l’argument qui prétend que l’intelligence humaine aurait déjà institué les meilleures solutions dans les domaines sociaux relève soit de l’ignorance crasse, soit de l’hypocrisie la plus abjecte. La marche du monde démontre à l’évidence que ce n’est pas le cas. Avec l’inertie des systèmes, même l’intelligence la plus aiguisée ne peut progresser et faire progresser qu’à pas de fourmi.

 


 

Un titre particulier

La combinaison des deux atouts : intérêt nul et maturité indéfinie, produit un titre particulier qu'on appelle dans les milieux financier une obligation perpétuelle à taux zéro2 (ci-après OPTZ), ou zero-rate-perp-bond.

Cela en fait l'instrument financier par excellence, capable de résoudre tous les paradoxes énumérés plus haut, et de dégager, selon les nécessités évaluées par la commission des finances du Grand Conseil, des ressources budgétaires souveraines, c'est-à-dire débarrassées d'une quelconque servitude illégitime vis-à-vis du secteur privé, pour le financement des indispensables services de l’État.

Ces obligations constituent de surcroît des produits de choix pour la banque, qui peut dès lors les proposer à ses clients aux fins de protéger leurs actifs des effets néfastes des taux négatifs ou des caprices des marchés, tout en n'encourant aucun risque financier, ni pour l'émetteur, ni pour l'acheteur.

Dans la même logique, les dépôts bancaires augmenteront en proportion des émissions, ce qui est profitable à la banque.

Toujours dans cette logique, ces obligations offrent enfin un alternative viable à la question de la thésaurisation, qui mine l’économie. La thésaurisation immobilise les ressources financières. Si des titres ont autant de valeur que de la monnaie indestructible (sous forme de billets), chaque titre vendu permet de remettre en circulation l’équivalent de la valeur thésaurisée par le titre. Le titre ne s’érodant pas plus que la monnaie, il permet de conserver la masse monétaire circulante. D’une autre côté, si un propriétaire de titres décide de récupérer leur valeur monétaire aux fins d’utilisation, il les revend simplement à l’émetteur dans les mêmes conditions auxquelles ils les a achetés.

Le fait d'injecter de l'argent frais dans l'économie, sans contrainte de participation pour les acteurs (sans effort financier et sans spoliation), est un bienfait pour toute l'activité régionale, pour le pouvoir d'achat, et partant, un facteur évident de paix sociale et de pérennisation de la société.

Notons que l'idée de la transformation d'une dette inextinguible par des obligations perpétuelles à taux zéro a déjà été discutée en 2012 à propos de la Grèce3. Ce n'est que l'appât de spoliations plus grandes et la mainmise sur le système politique européen par des élites financières au pouvoir supranational (toutes issues de la banque Goldman Sachs, qui influence fortement la finance dans le monde entier) qui ont jusqu'ici empêché que cette idée ne soit mise en œuvre.

Sans cela la Grèce eut été sauvée d'une austérité insupportable et croissante (à l'heure où nous écrivons ces lignes l'étau se resserre de plus en plus4) et de la privatisation de ses biens nationaux. Malheureusement, ce n'était pas le but recherché par les prédateurs supranationaux.

 


 

Des obstacles surmontables

Pour aborder la question des obstacles, ils sont surtout d'ordre psychologique, de la force des habitudes et du déni de réalité. Car effectivement, comment oser s'avouer sans honte, non seulement que nous nous sommes trompés, mais de plus que nous avons été trompés durant tant de siècles, par un pouvoir bancaire illégitime, qui prend ses racines chez les orfèvres florentins de la renaissance5.

 


 

La question de l'inflation

Un autre grand obstacle est le dogme économique intangible de la lutte contre l’inflation. On entend souvent parler de façon un peu légère de « faire tourner la planche à billets ». Il est un fait que trop d’argent en circulation dans l’économie engendre ce phénomène. Actuellement, la société est en fait de plus en plus en déflation. La question de l’inflation devient totalement caduque dans un système où la société peut elle-même contrôler souverainement sa masse monétaire.

La cause de l'inflation est une croissance monétaire déconnectée de la production, poussant à la hausse des prix, puis à la surproduction et au gaspillage. C'est la conséquence d'une dette sans cesse croissante, puisque la plus grande part de la masse monétaire circulante est en fait une dette. Cette dette n'est par nécessité jamais remboursée par la société, parce que sinon il n'y aurait plus de monnaie pour effectuer les échanges. Le maintien de cette dette, contre paiement permanent d'intérêts, pousse à faire sans cesse de nouvelles dettes pour compenser l'argent retiré de la circulation par le paiement des intérêts. En effet, si le principal d'une dette est créé, l'argent pour le paiement des intérêts n'est jamais créé dans ce but, et les intérêts perçus ne sont pas réinjectés dans l'économie réelle mais investis dans la haute finance. La monnaie-dette est ainsi un facteur organique d’appauvrissement de la société.

L'augmentation constante de la dette est imposée par la nature de la monnaie-dette, afin de rembourser toujours plus d'intérêts, correspondants à toujours plus de dette.

Le système étant exponentiel6, la masse monétaire augmente sans qu'il n'y ait forcément nécessité de production, engendrant surproduction dans un premier temps, inflation dans un second, crise dans un troisième, déflation dans un quatrième, et finalement guerre dans un cinquième et dernier temps de rupture, avant de repartir sur un nouveau cycle d'endettement. C’est ainsi que les banques deviennent toujours plus puissantes après les guerres, sans jamais avoir tiré un coup de feu. Le seul vainqueur d’une guerre est celui qui l’a financée. Dans le cas de la deuxième guerre mondiale7, comme dans bien d’autres guerres, ce sont les mêmes réseaux financiers qui ont financé les deux camps, sous des raisons sociales différentes.

Si de la monnaie circule en quantité insuffisante dans l'économie réelle8, on entre en mode d'austérité et il y a déflation. C'est le cas actuellement. Dans une telle configuration, ce n'est pas l'injection d'argent au niveau bancaire qui apportera la solution (quantitative easing) mais bel et bien l'injection d'argent frais dans l'économie réelle, à condition qu'il soit complètement détaché de la notion de dette.

L'injection de monnaie libre dette (ou monnaie pleine), dont la masse est contrôlée à la hausse comme à la baisse par une fiscalité intelligente (qui trouve enfin sa véritable raison), est la première étape d’une parade aux effets systémiques, harassants pour l'économie et pour le moral des populations.

 


 

1Destruction massive, géopolitique de la faim. Jean Ziegler, éditions du Seuil, 2011. EAN 9782021060560

2aussi appelée obligation perpétuelle à zéro coupon, pour indiquer que si le taux est nul, les versements périodiques sont indus

3Greek debt "transformed into a zero-coupon perpetual bond” http://soberlook.com/2012/12/greek-debt-transformed-into-zero-coupon.html

4https://lilianeheldkhawam.com/2016/07/22/dette-grecque-jusquau-bout-du-cynisme-liliane-held-khawam/

5Au milieu du XVIIe siècle, les orfèvres découvrent qu'ils peuvent prêter plus que les valeurs dont ils ont la garde. Ils deviennent des banquiers et sont à l'origine de la monnaie moderne. Aujourd’hui, celle-ci est créée par les banques commerciales et non pas par l’État ou la Banque centrale, comme certains le pensent encore. Certes, cette création monétaire, qui n’est guère plus qu’une simple ligne d’écriture, a permis le développement de notre économie. Mais avec un important corollaire dont les effets négatifs sont souvent occultés : les intérêts, payés aussi bien par le secteur privé que par le secteur public. Et ces intérêts sont une des causes principales des problèmes actuels de nos sociétés, car ils facilitent le transfert du peu de richesse des pauvres et des classes moyennes vers ceux qui sont déjà les plus riches. (extrait du 4e de couverture de Argent, dettes et banques, Jacques-André Holbecq, éd. Yves Michel).

6Avec les intérêts composés sur la monnaie, la dette augmente non pas de façon linéaire, mais suivant une courbe de puissance (exponentielle). Au début, la progression semble linéaire, puis, l’accélération devient foudroyante. L’incapacité des décideurs à comprendre réellement cette fonction mathématique entraîne les nations dans une dette insolvable, les mettant à la merci du système bancaire. Tant et si bien que dans certains pays (U.S.A. , France, etc.) les impôts sur le revenu ne suffisent déjà plus à payer les intérêts sur la dette d’État, sans parler des dettes privées. Dans ces conditions il est mathématiquement impossible de redresser l’économie d’un pays. Le seul moyen est de récupérer la souveraineté monétaire et de mettre certains banquiers en prison, comme cela se passe actuellement en Islande. https://susauxbanques.wordpress.com/2016/10/12/neuf-gros-banquiers-islandais-ecopent-jusqua-46-ans-de-prison-personne-nen-parle-en-france/

7http://www.voltairenet.org/article187537.html
http://www.solidariteetprogres.org/londres-wall-street-hitler.html

8Par opposition à l'économie financière ou économie de casino