Projections chiffrées

 

« Les chiffres ne sont rien en eux-mêmes,
ce sont les choses qu'ils dénombrent qui ont de la valeur ».

 

 

 

Parlons bien, parlons chiffres

Combien d'argent pourrait ou devrait être mis en circulation chaque année par le biais des OPTZ ?

« Pour équilibrer le budget 2016, le gouvernement a dû procéder à des réductions de dépenses. Il l’a fait entre autres dans les domaines des routes, des torrents, des forêts, de l’aide sociale, de l’agriculture et de la formation secondaire, tertiaire et professionnelle ainsi que dans le domaine des ressources humaines1. » 

En soi cet aveu est une pure catastrophe à laquelle il est urgent de remédier.


 

Monétariser du concret

Pour dégager les nouvelles ressources, il s'agit de convertir une création de richesses réelles en titres monétarisables. Si on analyse l'activité des employés de l'État, les enseignants et formateurs sont particulièrement créateurs de richesse par la diffusion du savoir et des compétences. La diffusion des savoir est par essence une multiplication en quantité et qualité.

Les revenus des enseignants peuvent donc être désignés spécifiquement comme base concrète pour la titrisation.

Disons d'emblée que pour ces personnes, rien ne changera à leur quotidien, elles ne verront pratiquement aucune différence sur leur travail, sauf le fait qu'elles n'auront plus à solliciter en permanence leurs syndicats pour négocier la rétribution de la totalité de leurs heures de travail effectives (titulariats, décharges, etc.). De même, les directions n'auront plus à s'épuiser pour tenter d'ouvrir des classes supplémentaires ou de maintenir des heures dédoublées, nécessités dictées par la démographie et les objectifs pédagogiques. Finalement, les projets de rétribution équitables des enseignants des différentes filières pourront être achevés. De même, les compensations de renchérissement différées pourront être distribuées. Dans cette optique, le canton du Valais peut envisager de rattraper son retard économique.


 

Une opération comptable

C'est sur le plan comptable que l'opération de création monétaire est réalisée. Il s’agit de convertir les rétributions des enseignants en OPTZ de valeur équivalente. C’est la base concrète.

Les charges salariales de la formation représentent globalement selon le budget 2016 un montant annuel d'un peu plus de 500 millions de francs.

Oui, vous avez bien lu :  CHF 500'000'000

On peut créer souverainement en Valais un demi-milliard par an !

Ces 500 millions représentent l'investissement humain sur l'avenir du canton. Ils appartiennent au peuple valaisan, pas à la banque. Le rôle de la banque est de convertir cette richesse en valeur monétaire. C'est un service numérique, rien de plus. La banque crée la monnaie, l'unité de compte, et non la richesse. Par conséquent aucun intérêt ni remboursement n'est dû.

Les indices économiques du canton sont en régression nette depuis plusieurs années. D’autre part, le canton est tellement sec du point de vue des liquidités et du pouvoir d’achat que la création d’un tel montant peut se faire sur un minimum de dix ans, sans déséquilibrer aucunement la masse monétaire ni l’économie. C’est comme donner à boire à un chameau qui vient de traverser le désert en puisant dans ses réserves. Il ne va pas se noyer !

Avec ces ressources complémentaires, l'État se doit de rétablir l'équilibre financier au sein du canton. Dans un ordre proche de celui-ci, il devra premièrement reprendre à sa charge les coupes sombres dans les prestations etrattraper le démantèlement social auquel il a été contraint : salaires, subsides, allocations etc. Dans le même temps il devra réinvestir dans les infrastructures, le paysage, l'agriculture et le tourisme, qui manquent tous cruellement de financement. Il s'agira ensuite de compléter les postes qui n'ont pas été repourvus sous prétextes d'économies, notamment en matière de sécurité et de santé. Lorsque ce sera fait, et tout en maintenant un équilibre dynamique, sans reprendre à Pierre pour donner à Paul, le canton pourra rembourser ses dettes, qui exigent bon an mal an de 150 à 170 millions d'amortissements. Se débarrasser des dettes pour se débarrasser des intérêts. Il pourra aussi affermir ses caisses de pension et crédibiliser la garantie d’État sur la Banque Cantonale.

Finalement, et pourquoi en parallèle, il pourra envisager de diminuer les impôts, car il est totalement injuste que la collectivité doive payer pour fournir la monnaie destinée à rétribuer la création de richesse dont elle est à l'origine. C'est payer deux fois, une en nature, et une autre en monnaie.

À la lumière de ces connaissances, qui pense encore que les impôts ne sont que solidarité et justice ?

Il reste encore un certain nombre de taxes iniques, tel que l'impôt foncier, pur racket sur la propriété, captation de richesse qu'il faudrait abolir. Vaste programme de rééquilibrage d'une société en telle déroute, que toutes les injustices semblent aller de soi tellement elles font partie de mœurs. Il n'en reste pas moins qu'une injustice reste une injustice. Même si elle est vieille de plusieurs centaines d'années, rien ne la justifie.

À ce prix, le canton pourra remonter la pente et faire valoir son énorme potentiel. C'est le prix de la lucidité et du courage.

On pourrait croire que 500 millions annuels de création monétaire souveraine sur le canton représentent une valeur exorbitante ou un danger. Il n'est est rien. Il ne s'agit pas de demander à la banque de consentir un effort de 500 millions, il s'agit, grossièrement dit, de lui demander de taper annuellement sur un clavier un « cinq », suivi de huit « zéros », et des les mettre à disposition de la collectivitédans la mémoire de son ordinateur. Voilà l'effort réel, outre le nécessaire courage politique. Il s’agira en effet de ne pas se laisser impressionner par ceux qui, par lâcheté ou ignorance coupable, ne manqueront pas de tenter de réduire cette option à néant, agitant des tigres de papier en invoquant à grand cris des impossibilités factices d'ordre juridique. Nous avons été créés libres, libres nous restons, particulièrement de décider de repousser les murs de nos prisons mentales.

Créer 5 milliards en dix ans ? Un danger ? Quand on pense que durant le seul premier mois de soutien du taux plancher, la BNS a investi 100 milliards en création monétaire pour acheter des Euros sous forme de dette souveraine, on en reste totalement rêveurs. C’est d’autant plus incroyable que lorsqu’elle a fait des pertes sur l’or, elle s’est servie dans le compte de réserve pour les cantons afin de les éponger.2

Ce qui manque ce ne sont pas des ressources humaines, des machines, de l'énergie pour les mouvoir, ou encore des matières premières, non. Ce qui manque, ce sont de simples chiffres pour les faire aller là où c'est nécessaire.

Notre société s'en déclare-t-elle incapable ? Qu'elle cesse de gémir sur les maux dont elle chérit les causes. S'en sent-elle capable ? Qu'elle s'assume donc, se réveille de sa léthargie, dégageant d'un revers de main la boue qui lui adhère au visage, qu'elle prenne son avenir en mains.

 


 

1Rapport concernant le budget de l’État du Valais pour l’année 2016, annexe 1 p. 41 , sur le site vs.ch

2https://lilianeheldkhawam.com/2014/02/24/le-mecanisme-qui-a-permis-la-suppression-des-dividendes-de-la-banque-nationale-suisse-par-liliane-held-khawam/